Les autorités belges ont le devoir d’anticiper les risques

La couverture médiatique qui a suivi les tempêtes en Espagne commence à s’estomper, mais il faudra des semaines, voire des mois, avant que les personnes touchées puissent plus ou moins reprendre le cours de leur vie. Dans tous les cas, il y aura toujours un avant et un après, car les conséquences de cette catastrophe ont radicalement changé de très nombreuses vies.
Les images de la violence naturelle implacable dans la région de Valence nous rappellent immanquablement les terribles inondations qui ont frappé notre pays en 2021. Il est bien de s’en souvenir et les victimes ne doivent jamais être oubliées.
Au-delà de ce devoir de mémoire, il est au moins aussi important de regarder vers l’avant. Personne ne peut prédire l’avenir, mais en tant qu’autorité, nous avons le devoir d’anticiper les risques futurs pour pouvoir en gérer au mieux les conséquences. Nous pouvons toujours espérer que notre pays sera épargné par ce type de catastrophes, mais ce serait faire preuve d’une trop grande naïveté. Comme le veut l’adage : « espérer le meilleur, se préparer au pire ». Les autorités ont donc le devoir de rendre la société plus résiliente face aux risques de demain.
Un document indispensable
Une bonne analyse des menaces futures est donc un outil fondamental pour une politique publique réfléchie en matière de gestion des risques. Le Centre de crise National (NCCN) coordonne dans ce but le Belgian National Risk Assessment (BNRA). Cette évaluation nationale réalisée tous les trois ans détermine et analyse de manière scientifique et structurée les risques auxquels notre pays sera confronté dans les années à venir.
La dernière itération du BNRA, publiée le mois dernier, montre notamment que la situation géopolitique affecte les risques dans notre société. Les risques de sabotage, de cyberattaque et d’interruption d’un service essentiel, entre autres, ont augmenté. Certains risques naturels comme le risque d’inondations fluviales et pluviales font aussi partie des risques mis en avant par les experts.
Le BNRA doit être une lecture incontournable pour tous les décideurs politiques, à tous les niveaux. Mais plus que d’une lecture il doit s’agir d’un document de travail qui servira de base pour prendre les mesures de prévention et de planification nécessaires de manière ciblée. Un document qui permettra à chaque responsable politique d’anticiper les risques de demain et de construire une société résiliente. Le risque zéro n’existera jamais. Malgré toutes les mesures préventives, un événement extrême imprévu peut toujours se produire. En tant que société, nous devons cependant nous efforcer de réduire ces risques et leurs impacts au maximum, car chaque victime est une victime de trop et chaque euro consacré au rétablissement est un euro qui aurait pu être consacré à d’autres projets sociétaux importants.
Une culture du risque réfléchie
Des mesures préventives ciblées sont nécessaires, mais des plans et procédures d’urgence détaillés constituent également un élément essentiel d’une culture du risque réfléchie. Ces plans nous permettront d’aborder le plus efficacement possible la gestion de ces futures situations d’urgence afin d’en minimiser les conséquences. Cela nécessitera également un investissement continu aux différents niveaux de pouvoir.
En tant que directeur général a.i. du Centre de crise National, mon objectif est de minimiser l’impact des situations d’urgence, voire de les éviter. Cela ne sera possible que si chaque niveau politique prend ses responsabilités et continue d’investir dans des mesures préventives. Le NCCN est un partenaire dans ce domaine et continuera à œuvrer pour une société plus résiliente.
Contenus sponsorisés











Pour poster un commentaire, merci de vous abonner.
S'abonnerQuelques règles de bonne conduite avant de réagir1 Commentaire
... et pour "anticiper les risques", ce n'est pas le moment de "sabrer" dans la lutte pour la biodiversité et contre le réchauffement climatique!