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Les Racines élémentaires d’Emil Ferris : « Mon grand-père m’a initiée aux “boogie-woogies”, ces esprits malins vivant sous les maisons »

Sorcière bien-aimée du bic et du pinceau, amie-amie avec les esprits et les fantômes, Emil Ferris est un talent queer de la bande dessinée cabossée dans les bas-quartiers de Chicago et bien résolue à ne jamais laisser la noirceur des autres ni les fascismes faire tomber la nuit en nous. Article réservé aux abonnés S'abonner
Chef adjoint du pôle Culture Temps de lecture: 9 min

Enfant, Emil Ferris voyageait dans les tableaux de maîtres de l’Art Institute of Chicago dont son père lui révélait les secrets cachés. Née dans le quartier pauvre d’Uptown, elle n’avait pas de livres à la maison et créait ses propres histoires au bic, le seul jouet à sa disposition. L’art lui a donné la force de dépasser ses peurs et d’explorer les mystères du monde. Après 48 refus d’éditeur, elle a entamé la publication de Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, un best-seller immédiat dont l’héroïne, Karen, se prend pour un loup-garou et lui ressemble furieusement dans sa volonté de revendiquer le droit à la différence et le rejet des néofascismes.

Vous ne seriez pas devenue qui vous êtes si…

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