Manon, ingénieure à la centrale de Flémalle : « J’ai toujours été passionnée par le monde de l’énergie »

Ingénieure process au sein d’ENGIE, Manon Tancré, 35 ans, est notamment chargée de suivre les indicateurs de performance de la nouvelle centrale de Flémalle : « On suit tous les processus de la centrale : rendement, consommation d’eau et bien d’autres choses encore. On a aussi un rôle de reporting, de définition de stratégies en cas de black-out, d’analyse d’événements… » Un job très varié pour cette habitante de la région liégeoise. Et un emploi dans un secteur qui l’a toujours attirée...
Attirée par la technique et le métier d’ingénieure
Pour Manon, être ingénieure a coulé de source : « J’ai toujours aimé tout ce qui touchait aux technologies, aux sciences et aux mathématiques. J’adorais les maths mais je ne voyais pas trop de débouchés dans cette filière. » Une passion qui n’était pas partagée par sa famille : « Oh non, mes parents sont plutôt littéraires, contrairement à moi. Mon frère, lui, est ingénieur de gestion », sourit-elle. Elle choisit donc les études d’ingénieure, car celles-ci lui offrent de nombreuses possibilités d’emploi pour la suite. Les enjeux climatiques et énergétiques ont aussi influencé son choix : « En grandissant, on parlait de plus en plus de crises énergétiques et j’ai toujours été intéressée par les défis énergétiques. C’est l’enjeu du siècle, tout le monde a besoin d’énergie et d’électricité. La plupart des gens ne se rendent pas compte de tout ce qu’il y a derrière, c’est incroyable. » Elle s’oriente donc vers un master en biomédical et mécanique à l’UCL, où elle est l’une des rares femmes. « J’ai grandi entourée de garçons, avec beaucoup de cousins, c’était un peu une habitude pour moi. Même si nous n’étions que 5 filles dans les études, j’ai eu la chance d’être bien entourée et de ne m’être jamais sentie différente de mes camarades de classe parce que j’étais une fille. »
Des mentalités différentes selon les pays
Durant son parcours, Manon part un an en Erasmus à Lisbonne à l’Instituto Superior Técnico : « J’aime bien voyager et changer d’horizon. J’ai voulu voir comment cela fonctionnait ailleurs », nous explique-t-elle. Et c’est bien différent du plat pays : « C’était très intéressant parce que c’était moins académique qu’en Belgique, on voyait plus de cas concrets et cela m’a mieux préparée au monde du travail. » Là-bas aussi, le fait d’être une femme ne changeait rien. Ce qui a été bien différent quand elle a travaillé, chez son ancien employeur, pendant deux ans et demi aux États-Unis, à Erie-Meadville, une petite ville de Pennsylvanie, dans la fameuse Rust Belt. « J’avais 24 ans et j’étais diplômée, ce qui était très rare pour eux. » Son arrivée n’a pas toujours été bien acceptée : « C’était compliqué car c’est une mentalité encore un peu ancienne. Là-bas, on n’est même pas à 5 filles dans les études d’ingénieure, mais à un peu moins de 1 % des inscrits. » Dans cette entreprise, il y avait une septantaine d’ingénieurs, et une seule femme : elle. « On me demandait pourquoi je posais des questions techniques. Je devais régulièrement rappeler que c’était précisément pour cela que j’étais là. J’ai dû faire davantage mes preuves et au début, on ne m’écoutait même pas ! »
Des mentalités qui changent
Heureusement, les mentalités changent et évoluent, surtout en Belgique. « Dans les bureaux, la mixité hommes-femmes fait désormais partie du quotidien. C’est peut-être un peu moins le cas sur le terrain, mais avec le temps, on fait sa place et on ne ressent plus du tout cette différence. » Contrairement à l’époque de ses études, ou à son expérience aux États-Unis, elle est loin d’être la seule femme chez ENGIE, qu’elle a rejoint début 2025. « On voit qu’ENGIE est très attentif aux questions de diversité et d’inclusion. Mais pour que les choses évoluent, cela doit commencer dès les études. J’entends aussi parfois certains dire qu’une femme ne sait pas faire tous les métiers. Pourtant, lorsqu’on a les compétences et l’envie, rien ne l’empêche. D’accord, il existe des métiers très physiques qui peuvent être plus difficiles à exercer pour certaines personnes. Mais en soi, tous les hommes ne sont pas capables non plus d’exercer un métier très physique… ou de devenir ingénieur(e). »
