MSF renonce à tout subside européen pour protester contre l’accord UE-Turquie
62,8 millions d’euros
Kamikaze MSF ? Pas vraiment. L’ONG fait en sorte d’être au maximum financée sur fonds non-gouvernementaux (92 % de son budget) afin de se garantir une indépendance nécessaire si elle veut travailler dans des zones de conflits. En 2004 déjà, MSF avait renoncé à tout financement provenant des Etats-Unis, notamment en raison des soupçons d’instrumentalisation qu’ils faisaient peser sur certains terrains.
Concrètement, l’organisation renonce ainsi à 62,8 millions d’euros : 56 millions émanent de l’UE et des Etats membres auxquels s’ajoutent 6,8 millions de la Norvège rejetés au titre de la participation du pays à Frontex. Le « trou » budgétaire ne devrait se faire véritablement ressentir qu’à partir de 2017, les contrats liant MSF à ses bailleurs ayant cour jusqu’à la fin de cette année. De quoi voir venir. Aucun projet – comme ceux que finance la Belgique pour la lutte contre le Sida –, ne devrait être affecté, assure le secrétaire général Jérôme Oberreit. L’ONG devra vraisemblablement puiser dans ses réserves et chercher de nouveaux donateurs.
« MSF est une organisation indépendante qui fait ses propres choix, mais j’espère que dans l’intérêt des millions de personnes dans le besoin, une collaboration constructive sera à nouveau possible », a déploré le ministre en charge de la Coopération au développement, Alexander De Croo, par voie de communiqué. La Belgique verse 5 millions d’euros par an à MSF.





