Le film du jour à Cannes: «Carol», de Todd Haynes
Ce qu’on attend. Comment le réalisateur de « Velvet Goldmine », « Loin du paradis » et « I’m not there » va-t-il s’emparer du roman de Patricia Highsmith ?
Ce qu’on en pense. Grâce à ce film, on a enfin l’impression que la compétition, jusque là plutôt plan-plan, montre d’un cran. Todd Haynes réussit le film parfait : histoire passionnante avec des dialogues ciselés, mise en scène fluide et élégante, jeu d’acteurs tout en nuances. Cate Blanchett avec son côté femme fatale à la Lauren Bacall est magistrale. Elle marche la tête haute, manteau de fourrure sur les épaules, gants de cuir à la main, féminine jusqu’au bout des ongles. On la suit dans ses sentiments tourmentés. Elle se révèle sensuelle et vulnérable, séduisante et provocante, jamais ordinaire. Face à elle, la jeune Rooney Mara n’a pas à rougir de sa prestation. Elle arrive à exister face une Cate Blanchett impériale.
Petit plus. En conférence de presse à Cannes ce week-end, Cate Blanchett est revenue sur ses déclarations publiées par le magazine américain Variety à propos de ses « nombreuses » relations avec les femmes : « Dans mon souvenir, il m’a été demandé « avez-vous eu des relations avec des femmes ? » et j’ai dit ’oui, souvent. Si vous voulez dire des relations sexuelles avec des femmes, la réponse est non’. Mais cela n’a pas été imprimé ». Et l’actrice oscarisée d’ajouter : « En 2015, la réponse à ce genre de question ne devrait pas avoir d’importance. Il y a 70 pays dans le monde où l’homosexualité est encore illégale. Nous vivons une époque profondément conservatrice. »






© Rossel & Cie - 2023