Le film du jour à Cannes: «Carol», de Todd Haynes

Fabienne Bradfer, notre envoyée spéciale à Cannes, nous livre ses impressions.

Journaliste au service Culture Temps de lecture: 2 min

Le pitch. Dans le New York des années 1950, Therese, jeune employée d’un grand magasin de Manhattan, fait la connaissance d’une cliente distinguée, Carol, femme séduisante, prisonnière d’un mariage peu heureux. À l’étincelle de la première rencontre succède rapidement un sentiment plus profond. Les deux femmes se retrouvent bientôt prises au piège entre les conventions et leur attirance mutuelle.

Ce qu’on attend. Comment le réalisateur de « Velvet Goldmine  », « Loin du paradis  » et « I’m not there  » va-t-il s’emparer du roman de Patricia Highsmith ?

Ce qu’on en pense. Grâce à ce film, on a enfin l’impression que la compétition, jusque là plutôt plan-plan, montre d’un cran. Todd Haynes réussit le film parfait : histoire passionnante avec des dialogues ciselés, mise en scène fluide et élégante, jeu d’acteurs tout en nuances. Cate Blanchett avec son côté femme fatale à la Lauren Bacall est magistrale. Elle marche la tête haute, manteau de fourrure sur les épaules, gants de cuir à la main, féminine jusqu’au bout des ongles. On la suit dans ses sentiments tourmentés. Elle se révèle sensuelle et vulnérable, séduisante et provocante, jamais ordinaire. Face à elle, la jeune Rooney Mara n’a pas à rougir de sa prestation. Elle arrive à exister face une Cate Blanchett impériale.

Petit plus. En conférence de presse à Cannes ce week-end, Cate Blanchett est revenue sur ses déclarations publiées par le magazine américain Variety à propos de ses « nombreuses » relations avec les femmes : « Dans mon souvenir, il m’a été demandé « avez-vous eu des relations avec des femmes ? » et j’ai dit ’oui, souvent. Si vous voulez dire des relations sexuelles avec des femmes, la réponse est non’. Mais cela n’a pas été imprimé ». Et l’actrice oscarisée d’ajouter : « En 2015, la réponse à ce genre de question ne devrait pas avoir d’importance. Il y a 70 pays dans le monde où l’homosexualité est encore illégale. Nous vivons une époque profondément conservatrice. »

 

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