Le 11h02 sur la prolongation du nucléaire, «un péché d’orgueil de la ministre Marghem»
Marie-Christine Marghem (MR) a commandé une analyse à un cabinet d’avocat privé, en veillant à gommer les propos plus nuancés…
La ministre de l’Energie a-t-elle menti, et si oui pourquoi ?
« Oui, on peut dire qu’elle a menti, mais il ne faut pas grossir le mensonge. On est plutôt dans ce que l’on appelle une bourde. Si l’on compare le texte remis par le cabinet privé et celui rendu par Madame la ministre, on s’aperçoit qu’il s’agit d’un copier-coller, il ne manque seulement que quelques passages. Selon elle, son avis est plus radical que celui du cabinet Janson. Sa propre analyse était en accord avec celle du cabinet, c’est pourquoi elle s’est permis de reprendre leur avis et de le modifier. »
Peut-on parler de manipulation ?
« Le parti Écolo soutient que c’en est une, et ses membres sont très remontés, mais c’est un peu fort d’utiliser ce mot. Au lieu de se mettre dans un pétrin pareil, Marie-Christine Marghem aurait tout simplement dû informer qu’elle avait sollicité un avis à un autre cabinet, il s’agit même d’une preuve de bonne gestion politique. En fait, on peut presque parler d’un péché d’orgueil, plus que d’une véritable volonté de dissimuler quelque chose. Pour un cabinet comme celui de Madame Marghem, cela ne fait pas bon genre de commander un avis à un autre cabinet. »
Cet acte mérite-t-il une sanction, comme la démission de la ministre qui aurait perdu toute crédibilité ?
« On n’en est pas encore là. Ce matin, une séance de commission était prévue à 10h15, mais les députés de la majorité n’étaient toujours pas présents, la ministre non plus. Ils étaient en réunion pour essayer de se mettre d’accord sur une tactique. L’opposition par contre, est prête à lui chercher des poux. Il faut attendre et voir comment la majorité compte soutenir la ministre, mais elle pourrait s’en sortir sans sanction. Il n’est pas encore question de parler de démission. Il y a eu une erreur, qu’il ne faut pas surdimensionner, et je pense que Marie-Christine Marghem a bien appris de son erreur. »
Faut-il confier ce dossier à un autre ministre ?
« À mon avis, premièrement, personne n’en voudrait. Elle a été assez seule jusque-là pour défendre ce dossier qui est ultrasensible. Une certaine notion d’urgence l’a contrainte à prolonger ces deux réacteurs. Madame Marghem a peut-être brûlé des étapes dans le processus, mais s’il n’y avait pas eu cette notion d’urgence, elle aurait sûrement pu avoir plus de conseils et constituer un meilleur dossier. »
Maintenant, que va-t-il se passer ? Faut-il envisager un nouvel avis ?
Aujourd’hui, le texte est passé en commission une première fois. Une seconde lecture aura lieu le 26 mai prochain, et la proposition sera votée ce jour-là. Des amendements pourront être votés, une modification n’est donc pas exclue. Il faut néanmoins se dépêcher si l’on veut que Doel 1 soit prolongé car plusieurs paramètres comme Electrabel et la taxe nucléaire sont à penser.





