Johan Fluderus a croisé Olivier Vandecasteele en prison

Plusieurs Européens sont toujours emprisonnés en Iran dans le cadre de la « diplomatie d’otages ». C’est le cas d‘un jeune diplomate suédois affecté au Service européen pour l’action extérieure de l’UE (SEAE), Johan Fluderus, emprisonné en Iran depuis plus de 500 jours. Son nom a été divulgué lundi par le New York Times et confirmé mardi par le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. Un autre Suédois, le professeur Djalali, est également détenu en Iran mais depuis plus longtemps et condamné à mort.
Agé de 33 ans, Johan Fluderus s’était rendu en Iran en voyage touristique au printemps 2022 pour rendre visite à un de ses amis qui travaillait à l’ambassade de Suède à Téhéran. Il se croyait sans doute protégé par son immunité diplomatique mais a été arrêté le 17 avril. En juillet, le gouvernement iranien publiait un communiqué annonçant l’arrestation d’un citoyen suédois pour « espionnage » et qu’il avait été placé en détention à la prison d’Evin. C’est dans cette même prison à la triste réputation que se trouvait également Olivier Vandecasteele à la fin de son calvaire.
Mais le nom du diplomate n’avait jamais été rendu public jusqu’à présent. Lundi, la Suède avait demandé à l’Iran de libérer l’un de ses ressortissants détenu « arbitrairement », sans toutefois confirmer son identité.
L’incarcération « sans fondement » de Johan Fluderus s’inscrit probablement dans la « diplomatie des otages », cette pratique mise en place par l’Iran pour échanger des prisonniers. C’est ce qui avait été fait en mai dernier avec la libération d’Olivier Vandecasteele contre Assadolah Assadi, un « diplomate » iranien en poste à Vienne, condamné en Belgique pour un projet d’attentat contre l’opposition iranienne du CNRI à Villepinte (France) en juin 2018.
L’arrestation du diplomate suédois est intervenue deux semaines après qu’un citoyen iranien, Hamid Noury, a été condamné en Suède à perpétuité pour son rôle dans des exécutions de masse de milliers d’opposants par le régime iranien en 1988. Ex-responsable d’une prison, il a été reconnu coupable par un tribunal de Stockholm de « crimes aggravés contre le droit international » et de « meurtres ».
Lors d’un déplacement en Espagne, le chef de la diplomatie européenne a assuré devant la presse que ses services « travaillaient sans relâche » à obtenir la libération de Johan Fluderus. « Il est privé arbitrairement de sa liberté et doit donc être libéré immédiatement. Cela a été demandé aux autorités iraniennes », a indiqué le ministère suédois des Affaires étrangères.
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