Knokke-Heist sous surveillance renforcée : que dit le rapport ?

Knokke-Heist est placé sous surveillance accrue par le ministre flamand de l’Intérieur Bart Somers (Open VLD) à la suite d’un audit judiciaire réalisé par Audit Flanders. Ce qui signifie que la commune est mise sous surveillance du gouverneur provincial, Carl Decaluwé, pour la prise de certaines décisions dont celles se rapportant à l’objet de l’audit. Ces dernières vont être examinées en profondeur. Si la commune n’a pas souhaité communiquer le contenu du rapport en début de semaine, nos confrères du Het Laatste Nieuws ont pu en consulter les 122 pages.
Depuis plusieurs mois, la situation politique à Knokke-Heist est mouvementée. L’échevin Kris Demeyere (GBL) a fait l’objet d’une polémique permanente, notamment en raison de conflits d’intérêts présumés dans certains dossiers. Il a fini par être suspendu le 24 mai dernier avant de démissionner le 31 août dans une lettre ouverte publiée sur son site web. Lettre dans laquelle l’échevin nie également toutes les allégations à son encontre. Depuis ces événements, l’audit judiciaire et le rapport ont été réalisés et achevés. En leur sein, le nom de l’ancien échevin Kris Demeyer apparaît régulièrement. Ce dernier s’est, depuis peu, exprimé. Il accuse le rapport d’être inexact et également, ceux qui communiquent à ce sujet de porter atteinte à l’Etat de droit.
Le contenu du rapport
Des irrégularités ont été mises en lumière dans le rapport de l’audit. Elles concernent la manière dont l’administration communale de Knokke-Heist et Kris Demeyere ont agi lors de la location de voitures du parc automobile, ainsi qu’en matière d’entretien et de réparations. Knokke-Heist a attribué huit marchés publics à Belfius Auto Lease entre 2012 et 2023. En tout, ce sont 133 voitures qui sont concernées, dont plus de la moitié était de marque Nissan ou Renault.
Le rapport stipule que Kris Demeyere, par ailleurs ancien armateur et garagiste, a fourni un grand nombre de ces voitures par l’intermédiaire de son garage Demeyere. Ce qui laisse penser aux auteurs de l’audit qu’il peut y avoir eu un conflit d’intérêts ainsi qu’une entorse à la déontologie des administrateurs. De plus, le rapport établit que Kris Demeyere était bien au courant que les voitures étaient destinées aux administrations par le fait qu’il a accordé des remises spécifiques pour les administrations locales. Pour finir, le rapport complète en affirmant à coups d’arguments que Demeyere a joué un rôle actif dans la politique du parc automobile.
Le rapport s’attarde également sur l’entretien et la réparation du parc automobile. Les observations faites par l’audit semblent indiquer que les commandes de matériel et de travaux d’entretien étaient officiellement passées auprès d’un garage Nissan à Eeklo, mais qu’en pratique, elles étaient passées auprès du garage Demeyere et que la facturation était organisée par l’intermédiaire du garage d’Eeklo. Toujours d’après le rapport, cette manière de procéder constitue un contournement de l’interdiction faite à un conseiller ou à un membre du collège échevinal de conclure un accord (in)directement avec la municipalité. De son côté, l’ex-échevin affirme qu’il ne s’est jamais enrichi grâce à sa fonction.
Contenus sponsorisés










Pour poster un commentaire, merci de vous abonner.
S'abonnerQuelques règles de bonne conduite avant de réagirPostez le premier commentaire