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Nouvel échec pour Bart De Wever : il espérait un accord budgétaire au bout de la nuit, Vandenbroucke le lui a refusé

Un nouveau conseil des ministres restreint s’est tenu ce mercredi soir. Le Premier ministre espérait un accord à l’issue de celui-ci, mais le vice-Premier Vooruit, Frank Vandenbroucke, a fermé la porte. « Il y a trop de points problématiques, on ne réglera pas ça en une nuit sans dormir. »
Par Bernard Demonty et Alexandre Noppe
Temps de lecture: 3 min

Bart De Wever ne compte plus les versions de sa note. Il en a produit une nouvelle, ce mercredi après-midi pour enclencher, à 19 h, une réunion – un kern – qu’il espérait décisive pour trouver les fameux dix milliards destinés à réduire le déficit d’ici 2029. « Ce serait bien d’arriver à un accord pour ce jeudi », avait-il indiqué en réponse à des questions de journalistes à la Chambre ce mercredi midi. Ce scénario lui aurait permis de prononcer sa déclaration de politique fédérale ce jeudi, et d’obtenir le vote de confiance ce samedi, juste avant les vacances d’automne de nombreux députés.

Mais ce bel agenda s’est effondré avant même le début de la réunion. Le vice-Premier Vooruit, Frank Vandenbroucke, a tué cet espoir dans l’œuf. « Trop de propositions présentent une trop grande difficulté », a-t-il dit à la VRT. « Je ne pense pas que ce soit de la bonne gouvernance que de boucler tout cela en une seule nuit, sans dormir. C’est la recette idéale pour s’attirer des problèmes. J’estime que nous devons savoir très précisément comment nous allons concrètement réaliser cet assainissement budgétaire, comment nous allons mettre en œuvre les réformes et quelles mesures seront nécessaires. »

Manifestement, la énième version de la note ne l’a pas satisfait. Selon De Standaard, elle était longue de 61 pages. Elle reprenait les grandes mesures évoquées ces derniers jours. Un gros effort d’économie serait imposé en soins de santé, quatre milliards au total, qui viendraient d’un rabotage de la norme de croissance du budget, mais aussi, dans le projet actuel, d’une hausse du ticket modérateur et d’un resserrement du nombre de bénéficiaires de l’intervention majorée. « Pas illogique, quand on sait que la sécurité sociale représente une énorme masse de la proportion totale des dépenses du fédéral », commente une source à ce sujet. Un effort serait aussi imposé aux allocataires sociaux, chômeurs et bénéficiaires du revenu d’intégration. Ils verraient leurs indexations reportées, pour un total de 300 millions d’euros. Côté pensions, un gel de l’indexation du pécule de vacances serait envisagé, ainsi que d’autres mesures pour 500 millions en tout. On attend aussi 100 millions de nouvelles économies sur les malades de longue durée. Des réductions de budgets sont également prévues en matière migratoire.

Les entreprises seront elles aussi ciblées, via une baisse des subsides qui leur sont alloués, pour un montant de 500 millions.

À lire aussi Budget fédéral : existe-t-il une alternative aux écochèques ?

Reste le volet qui fâche (la droite) : la fiscalité. Il n’est plus question, on le sait, d’une augmentation linéaire du taux de TVA de 21 à 22 %. Mais de glissements entre catégories. Ainsi, le bois de chauffage, les fleurs et les engrais pourraient être soumis à une TVA de 12 %, contre 6 % actuellement. La TVA sur les hôtels, les campings et les logements de vacances passerait, quant à elle, de 12 à 21 %. Il est aussi question d’une augmentation des accises sur le diesel professionnel.

Enfin, un montant d’un milliard serait prévu sur les épaules les plus larges. En vrac, on parle de taxer davantage les sociétés de management ou encore les personnes possédant un important patrimoine immobilier. Les fondations privées seraient aussi dans le collimateur fiscal.

Vooruit et Engagés pas encore convaincus

Sur ces prélèvements sur les plus nantis, il reste des antagonismes majeurs. Vooruit n’entend pas laisser passer les grosses économies en soins de santé sans une contrepartie majeure sur les épaules les plus larges. L’on entend qu’aux Engagés, un frein sur des mesures « trop dures » sans compensation est également de mise. « Ce pourrait être davantage un grand crash qu’un accord », commentait, visionnaire, une source de la majorité avant le début du kern ce mercredi. Vooruit et Les Engagés semblent attendre un dernier pas du Premier ministre dans leur direction, avec une note plus « digeste ».

À lire aussi Taxer le patrimoine financier : ce que pourrait rapporter la proposition de Vooruit et des Engagés

Les vice-Premiers se sont finalement séparés vers 22 h 30, une nouvelle fois sans accord, après trois heures de réunion. Malgré ce nouvel échec à l’atterrissage, Bart De Wever, en tout cas, ne variera pas. Pour lui, en gros, c’est un accord ou le chaos. Il craint une crise de la dette si la Belgique n’envoie pas rapidement des signes d’assainissement aux marchés. « Nous sommes devant le mur des ténèbres », a-t-il lancé aux députés en matinée. « Un mur ancré depuis 25 ans par les gouvernements précédents, à l’exception – c’est mon avis – de la Suédoise où nous siégions. »

Sa hantise, ce serait de voir la Belgique prise dans une tempête des marchés venue de France. « Bon nombre de mes collègues européens disent craindre cette crise. Je sais qu’on ne peut pas la nommer au risque de la provoquer, mais la crainte est réelle. Il y a bientôt des élections en France, il ne m’appartient pas de me prononcer à ce sujet, mais si le résultat n’inspire pas la stabilité et la rectification des finances, je crains le déclenchement d’une crise de la dette dont nous devons nous prémunir. Il faut à tout prix se détacher de la situation française pour éviter qu’elle nous contamine. » Mais il devra finalement, une nouvelle fois, commenter l’échec de son gouvernement à trouver un accord, ce mercredi après-midi à la Chambre.

En fin de soirée, le cabinet du Premier ministre ne pouvait qu’acter l’échec. « Le kern a convenu ce soir d’examiner, dans les prochains jours, le tableau budgétaire ligne par ligne et dans le détail, afin de parvenir à un accord dans les meilleurs délais. Les membres du kern se tiennent disponibles durant la semaine de relâche parlementaire afin de poursuivre les travaux. »

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46 Commentaires

  • Posté par Dan Fo, dimanche 25 octobre 2026, 19:05

    Comment faire tout ce débat alors que tant de choses sont mal taxées alors que d'autres sont mal dépensées. On a tous les moyens de maintenir notre modèle social. Si tout le monde participe, ne lésine pas sur le travail à fournir et veille à la productivité. Commençons par taxer voitures, chèques, ... taxer les sociétés en fonction de leur activité, globaliser tous les revenus, .... avec une échelle raisonnable et progressive plus correcte. Ignorer que nous sommes dans un marché européen de taxation en taxant exagérément serait une erreur.

  • Posté par Demaseure Thierry, vendredi 23 octobre 2026, 14:46

    Je viens de relire toutes les contributions sous cet article et constate toujours le même clivage. Je ne vais pas revenir sur cette question, ma position est connue. Par contre, je partage l'opinion selon laquelle ce gouvernement que je n'aime pas ne doit pas tomber. Mais, il est quand même un fait, c'est que la dead line d'octobre était connue de BDW. Alors, que ce soit en TGV ou en chameau puant, rien ne sert de courir la veille de l'échéance, il fallait partir à temps !

  • Posté par M Pasquini, jeudi 22 octobre 2026, 17:59

    VDB ne devrait jamais avoir été admis dans un gouvernement vu ses antécédents.

  • Posté par Jean-pierre Smyers, jeudi 22 octobre 2026, 16:42

    Très amusant de voir que tous ceux qui montent ici au créneau pour fustiger peu ou prou M. Vandenbroucke n'ont pas utilisé la même véhémence pour épingler les ukases de M. Bouchez, qui aboutissent en définitive à ce blocage-ci.

  • Posté par Dan Fo, dimanche 25 octobre 2026, 18:42

    FV est une personne très intelligente et CR un habile joueur. Ils veulent marquer un but dans le temps des prolongations .... Amusant de convoquer la chambre juste avant Halloween ... N'oublions pas que tous les autres ont déjà eu l'occasion de sortit leurs artifices.

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