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Jérusalem: les réactions internationales s’enchaînent après les violences à Gaza

L’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem a suscité une manifestation de dizaines de milliers de personnes dans la bande de Gaza. Plus de cinquante Palestiniens ont été tués par les soldats israéliens à la frontière.

Temps de lecture: 5 min

La mort de dizaines de manifestants tués par l’armée israélienne à la frontière de la bande de Gaza a suscité lundi une vague de protestations et des appels à la retenue dans la communauté internationale, les Etats-Unis fustigeant quant à eux le mouvement palestinien Hamas.

«  La responsabilité de ces morts tragiques repose entièrement sur le Hamas », qui a provoqué «  intentionnellement et cyniquement cette réponse » d’Israël, a déclaré Raj Shah, le porte-parole adjoint de la présidence américaine.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui aussi dénoncé cette «  organisation terroriste » et martelé que «  tout pays a l’obligation de défendre son territoire ».

Le président palestinien Mahmoud Abbas a de son côté dénoncé un «  massacre ».

L’inauguration lundi a suscité une manifestation de dizaines de milliers de personnes dans la bande de Gaza. Plus de 50 Palestiniens ont été tués par les soldats israéliens à la frontière.

Depuis la Belgique

Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, a appelé «  à éviter tout usage disproportionné de la force »

Dans un long message sur Twitter, il explique que « depuis la Conférence internationale sur les victimes de violence ethnique et religieuse au Moyen-Orient, je souligne combien il est important d’éviter les gestes unilatéraux qui créent des tensions, comme cela se voit autour de la question de Jérusalem aujourd’hui. J’appelle à éviter à tout prix l’usage disproportionné de la violence et à renouer au plus vite le dialogue en vue d’un accord qui apporte une solution durable au conflit »

Les réactions internationales s’enchaînent

«  Les responsables de ces violations flagrantes des droits de l’Homme doivent rendre des comptes », a commenté le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU Zeid Ra’ad Al Hussein. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’est dit «  particulièrement inquiet » de la situation.

De nombreux pays, dont la Grande-Bretagne, la France et la Russie, ont pour leur part réprouvé l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, dont le transfert avait été désavoué par 128 des 193 pays membres de l’ONU.

«  Nous appelons au calme et à la retenue pour éviter des actions destructrices pour les efforts de paix », a déclaré un porte-parole de la Première ministre Theresa May.

La France condamne «  les violences » et son président, Emmanuel Macron, «  parlera à tous les acteurs de la région dans les prochains jours », a annoncé la présidence française.

Interrogé pour savoir si le transfert de l’ambassade américaine faisait redouter à la Russie une aggravation de la situation dans la région, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a répondu : «  Oui, nous avons de telles craintes, nous l’avons déjà dit ». «  Le sort de Jérusalem doit être décidé par un dialogue direct avec les Palestiniens », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

L’Afrique du Sud a été jusqu’à rappeler son ambassadeur en Israël en raison des violences contre les Palestiniens.

«  En raison du caractère grave et aveugle de la dernière attaque israélienne, le gouvernement sud-africain a décidé de rappeler l’ambassadeur Sisa Ngombane avec effet immédiat », a annoncé le ministère des Affaires étrangères.

Amnesty International a dénoncé une «  violation abjecte » des droits de l’Homme et des «  crimes de guerre » à Gaza. Human Rights Watch (HRW) a évoqué «  un bain de sang que n’importe qui aurait pu voir venir ».

Du côté de l’Union européenne, Frederica Mogherini, qui dirige la diplomatie européenne, a demandé « à toutes les parties d’agir avec la plus grande retenue ».

«  Nous condamnons ce qui s’est passé », a déclaré l’ambassadeur du Koweït à l’ONU, Mansour al-Otaibi, dont le pays a appelé à une réunion mardi du Conseil de sécurité des Nations unies.

Le Canada a réagi par la voix de sa ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, en disant que « c’est inexcusable que des civils, des journalistes et des enfants aient été des victimes ».

«  Malheureusement, les Etats-Unis se sont placés du côté du gouvernement israélien dans ce massacre de civils et sont devenus complices dans ce crime contre l’humanité », a estimé le Premier ministre de la Turquie, Binali Yildirim.

En Egypte, le ministère des Affaires étrangères a qualifié les personnes tuées de «  martyrs » et mis en garde contre une «  escalade ».

Le grand mufti Shawki Allam a dénoncé, avec l’ouverture de l’ambassade américaine, «  un affront direct et clair aux sentiments de plus d’un milliard et demi de musulmans sur terre », qui « ouvre la porte à davantage de conflits et de guerres dans la région ».

«  L’Arabie saoudite condamne avec force les tirs des forces d’occupation israéliennes contre des civils palestiniens désarmés », a dit son ministère des Affaires étrangères, sans évoquer l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem.

«  Le régime israélien massacre de sang-froid d’innombrables Palestiniens qui manifestent dans la plus grande prison à ciel ouvert du monde », a affirmé le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif, avant de proclamer que c’est «  un jour de grande honte ».

«  La Syrie condamne (…) le massacre » de «  civils palestiniens non armés  », a déclaré une source au ministère des Affaires étrangères.

Pour la ministre des Affaires étrangères de Norvège, Ine Eriksen Søreide, «  il est inacceptable de tirer à balles réelles sur des manifestants ».

«  Le Brésil lance un appel à la modération, à la paix », a réagi son président Michel Temer qui a déploré «  les terribles violences ».

Le roi Mohammed VI du Maroc a dénoncé une «  décision unilatérale ».

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