À Tournai, grand succès des formations dans les métiers en pénurie

5e plus grande zone urbaine de Wallonie, Tournai est à un carrefour entre Wallonie, Flandre et nord de la France, et est porté par trois secteurs principaux : l’agro-alimentaire, la logistique et les industries techniques. Sylvie Lericque, directrice générale d’AKT CCI Wapi, la chambre de commerce de Wallonie picarde, est bien placée pour nous parler de la situation actuelle dans la région.

Il y a un apaisement et un contexte administratif qui facilite les choses pour les sociétés.
Comment se portent l’économie et l’emploi locaux ? « De manière générale, je dirais que nous sommes un peu dans l’expectative. Ce qui me revient du terrain, c’est que l’activité est relativement calme, notamment dans le secteur de la construction », précise-t-elle. Un secteur, qui comme dans de nombreuses régions, a toutes les peines à engager du personnel, qualifié ou pas. « Mais ce qu’il y a aussi, c’est que le carnet de commandes est moins fourni, et beaucoup d’entreprises m’interpellent sur cette situation ». De l’autre côté, il y a toujours des sociétés dans d’autres secteurs encore qui ont du mal à recruter : « des profils très spécifiques, très pointus. Et qui ne trouvent pas preneurs car il y a une inadéquation entre ce qui est recherché et ce qui est présent sur le marché ».
L’inadéquation des profils
La directrice générale prend en exemple un dernier Jobday organisé dernièrement chez Groupe Dufour, une entreprise active dans le transport, l’ingénierie, la logistique ou encore le génie civil, entre autres. « On se rend compte que les gens présents ne sont pas toujours formés ou conscients des compétences spécifiques recherchées pour ces métiers ».
- Lire aussi l’article : Les zonings de Wavre, moteurs de la région ? Oui, mais pas uniquement !
Les entreprises de la région doivent dès lors aussi s’adapter : « les sociétés ont parfois la capacité de les former en interne, mais les candidats doivent aussi montrer de la volonté ». Et petite nuance également vu la région : comparé à Charleroi, Namur ou Liège, les connaissances en néerlandais sont également demandées, la frontière linguistique étant à moins de 20 kilomètres. À côté de cela, les entreprises, bloquées par des contraintes et des difficultés administratives, sans oublier l’accès à l’énergie, sont freinées dans leur croissance, et donc dans leur capacité à créer des emplois.
L’optimisme reste de mise
N’exagérons pas non plus le tableau, qui est loin d’être sombre. « Il y a un apaisement et un contexte administratif qui facilite les choses pour les sociétés, faisant en sorte qu’elles ne perdent pas de temps sur ces sujets, et qu’elles se consacrent à leur croissance et à créer de l’emploi », nuance Sylvie Lericque. De plus, les formations proposées par le Forem trouvent aussi preneurs dans les métiers en pénurie : « C’est un succès, on a vu une progression de 112 % entre 2024 et 2026 dans les inscriptions à des formations en logistique, en transport, dans les soins à la personne. C’est un signal positif, preuve que les gens sont prêts à sortir de leur zone de confort et à se former par rapport aux besoins du marché ».
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